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Editorial


03-2010

et cetera: DSDHA

DSDHA, c’est le nom des architectes londoniens dont nous présentons le travail dans notre premier article. Ils ont déjà maîtrisé une diversité étonnante d’ouvrages, que ce soit à petite ou à grande échelle. Dans leur processus conceptuel, ils laissent beaucoup de choses ouvertes, ils travaillent avec le principe de la stratification, qui ne dévoile pas tout jusqu’au moindre détail, rend possible l’imprévu et est souvent clairement équivoque. Une des sept histoires pour enfants écrite en 1969 par l’écrivain Peter Bichsel s’intitule «Une table est une table». Tout comme les contes, ces histoires ne s’adressent aux enfants qu’en apparence. Une question philosophique sérieuse préoccupe l’auteur de ce récit: les choses sont-elles vraiment comme nous les voyons et les appelons? Le vieil homme appelle son lit «Bett» et la chaise «Stuhl» - et s’en étonne lui-même: «Pourquoi donc? Les Français disent «lit» pour le lit, «table» pour la table, appellent un tableau «tableau» et la chaise «chaise», et ils se comprennent. Et les Chinois se comprennent aussi. – «Pourquoi ne dit-on pas tableau pour le lit», pense l’homme en souriant, puis en riant de plus en plus fort, jusqu’à ce que les voisins tapent contre le mur et crient 'silence!'. » Quand on y regarde de plus près, ce qui paraît simple s’avère difficile, ce qui paraît évident équivoque. C’est ainsi qu’une maison peut être en même temps une «image» d’elle-même ou de l’archétype qu’elle représente. A Weil am Rhein, nous sommes confrontés à un bâtiment appelé «maison», mais qui en fait n’en est pas une - composée qu’elle est de tout un amoncellement de maisons qui ressemblent à la maison que chaque enfant s’imagine. Cette composition fait de la «maison Vitra» une image artistiquement multipliée d’elle-même. Un village est un village – par exemple au bord du lac de Walenstadt. Mais stop … A Answiesen, la banque et le petit magasin n’entourent qu’en apparence une paisible place de village qui fonctionne. En réalité, il s’agit de coulisses dans lesquelles on tire, on se bat, on s’envoie des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. L’élément le plus important des villages d’entraînement militaire est une sorte très spéciale d’authenticité: tout est du vrai faux. Mais on pourrait penser qu’une école, au moins, c’est une école. Egalement dans le contexte universitaire. Mais pas tout à fait en Suisse orientale, où la triple nouvelle salle de sport de l’université de St-Gall n’a encore jamais été utilisée comme telle depuis qu’elle est terminée. Elle accueille plutôt des auditoires et des salles de séminaires qui, déjà mis au concours comme aménagement provisoire, ont été construits dès le début et resteront en place pendant trois ans. La salle de sport ne sera donc pas une salle de sport jusqu’en 2011. L’histoire de Bichsel se termine tristement: l’homme nomme les choses différemment et invente un langage personnel – avec comme résultat de ne plus être compris par personne. Nous espérons quant à nous le contraire: que ce cahier réussisse à étonner, à montrer ce qu’il y a sous la surface, à décrire et à élucider l’être derrière l’apparence.

La rédaction

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