Atelier iT, Martigny

Qui nous le dit ?

Il s’agit d’une promesse, on nous l’a chuchoté. Pendant nos recherches sur le cahier valaisan, nous avons fait une découverte à Martigny. Lors de notre rencontre avec ces deux architectes valaisans, le béton de leur Erstling était malheureusement encore en cours de séchage. Leur villa se serait parfaitement intégrée dans notre « histoire du béton » en Valais.

Quelle est votre origine ?

En terme de formation, nous sommes diplômés de deux écoles d’architecture romandes : l’un à l’HES de Fribourg et l’autre à l’EPF de Lausanne. Basés en Valais, notre canton d’origine, les projets de notre bureau s’inscrivent dans un environnement alpin fortement modelé par les ouvrages d’art. Ceux-ci représentent une source féconde de questionnement pour notre pratique. Les infrastructures ont cette capacité d’exacerber leur fonction pour fusionner avec la topographie et ne sont jamais être dénuées d’enjeux économiques. C’est dans la précision des solutions que ces projets infrastructurels proposent qu’émane une valeur objective qui nous fascine et nous rassure.

Pour vous, quels éléments sont prépondérants dans vos réflexions et votre conception de l’architecture ?

Le projet n’est pas réductible à un calcul ou à une formule. Il se découvre. Notre recherche est empirique et se confronte en permanence aux qualités d’usage. Mais l’aléa est omniprésent. C’est quand nos convictions objectives réussissent à supplanter nos derniers doutes que l’aboutissement qualitatif est atteint. Quand le résultat surprend et qu’une hésitation plastique subsiste, la certitude est forte que le projet obtienne une identité propre. Le bureau tire son nom de ce questionnement, de l’objet résultant d’une recherche qui, idéalement, ne devrait pas être orientée. Dans la filmographie d’horreur américaine, « it » définit, identifie et nomme ce qui ne s’explique pas encore, ce dont l’existence est nouvelle.

Et comment ces aspects s’expriment-ils concrètement dans vos projets bâtis ?

Pour un couple d’artistes, nous avons par exemple construit une habitation dont le développement est contraire à la nature du site. La parcelle, l’orientation, la vue et le contexte bâti provoquent des thématiques de verticalité. Celles-ci permettent de profiter pleinement du lieu, mais n’offrent pas la caractéristique principale demandée par les maîtres d’ouvrage : vivre de plain-pied. Après plusieurs essais, l’objectif est atteint par une forme bâtarde, à la toiture déployée et au plan brutalement divisé. L’horizontalité y domine. Le volume plat et empâté ne trouve aucune adéquation dans son environnement, mais ne s’y oppose pas. En entrant dans le sol, il développe des surfaces tapies, s’ouvre aux raccords avec la topographie naturelle et permet l’usage espéré. La construction est robuste et les découpages du terrain sont nets. A l’inverse, l’intérieur est neutre et s’offre comme une toile de fond. Toute insertion y est alors sublimée. Equipements, mobilier, pièce d’art et de décoration, mais aussi vues et paysages y prennent place comme des objets du quotidien.

Maison familiale et atelier d’artiste, Fully

Atelier iT, Martigny

http://atelier-it.ch/

Maison familiale et atelier d’artiste

Rue de la Fontaine, Fully; Maître d’ouvrage: Valentin Carron et Latifa Echakhch; Architectes: Atelier iT, Martigny; Chronologie: Début des études été 2013, Ouverture du chantier printemps 2014, Remise de l’ouvrage été 2015; Photos: Olivier Lovey

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